RAID Morvan 2026
- Mike
- 9 août
- 19 min de lecture

Il fut un temps au SLRA, où la tradition était de relater nos aventures sportives au travers d’une petite nouvelle. Cela permettait de partager ses épopées aux copains du SLRA, nos familles mais également de se remémorer les faits marquants de ses courses. C’est un moment toujours particulier de lire, de vivre ces péripéties, tantôt on s’en amuse, tantôt on s’en inquiète, parfois on souffre. Ce qui est certain, c’est de toujours partager nos exploits petits ou grands, longs ou plus directs, c’est l’essence même du Raid multisport.
Et, ce fut de nouveau le cas, pour le nouveau défi, sur une manche du championnat d’Europe dans le Morvan. Ne trouvez-vous pas que ce nom du Morvan, sonne comme une contrée lointaine sortie de l’imaginaire de Tolkien ? Et que vous évoque le nom du village étape : Avallon ! on ne serait pas dans la légende arthurienne ? Tels les chevaliers de la table ronde, nous voilà réunis, non pas pour terrasser un chien à trois têtes, retenant une princesse éperdue. Mais pour caresser l’espoir, le graal du RAID, les fameuses quatre lettres ARES, l’Aventure Race European Series. Chut, faut pas le dire mais le vrai graal, c’est le ARWS. Non, Fredo le W ce n’est pas pour Waterpolo ! Mais bon, pour nous, c’est déjà pas mal. Quels chevaliers courageux et surtout disponibles pour relever cette épreuve ?
Une première équipe se dégage très naturellement : Une punk infatigable qui tourne au limoncello, Un nain Barbu d’un mètre quatre-vingts de puissance, oui c’est original, le futur Johnny Clegg, et notre vieux Grognard adoré.
Autant vous dire que le cerbère n’a pas intérêt à faire le malin.
La seconde équipe est un peu plus exotique, et un peu plus arc-en-ciel.
À l’origine, nous devions écrire la légende avec Ben, Jéjé, Gaël, et Moi.
Avec Antho, en réserve, s’il y a de la casse. La suite nous prouvera qu’il faut toujours prévoir de preux courageux.
Le seigneur Big Ben, a été appelé sur d’autres conquêtes bien plus importantes. Le festoiement de son fiston de 18 ans.
Tandis que Gaël, notre elfe adoré a oublié de faire la réserve de poussière magique qui lui permettait de franchir les montagnes.
C’est ça la mondialisation, blocage Ormuz, et Bim on peut plus décoller sans assistance.
Donc on se retrouve à devoir trouver deux nouveaux compagnons de route. Antho, aux pouvoirs surnaturels, que vous découvrirez au fil de ce récit. Et Jérém notre IronMan. On n’a malheureusement pas pu prendre Djè le Musclor au grand cœur.
On aura une pensée sur la course en arrivant près du lac.
Chouette la deuxième équipe est constituée, on peut se lancer à l’assaut d’Avallon.
Première épreuve, réunir le matos. En plus du matériel habituel, on devait emporter un peu de matériel d’escalade.
Comme un reverso, appelé également puisard ou bien ATC. Super simple. Il nous fallait également un machard, pour assurer la descente.
Euh on va descendre quoi les copains, on est des super-héros, pas de doute là-dessus mais là ça ne fait pas un peu beaucoup. Non ?
Les hypothèses fusent : c’est certainement pour faire un rappel soit un peu long, ou alors il n’y a personne pour nous assurer et avec ça on est tranquille, surtout de nuit. Outch.
Ça va être bon.
Ensuite, la fameuse combinaison néoprène, pour faire un peu d’eau vive. Cool. Et pour finir le fameux PackRaft. L’embarcation à la mode.
En effet on a la maniabilité d’un rafting avec l’encombrement d’un canoé.
Cela permet de combiner, randonnée et navigation, pour un poids de quelques kilos. Bon il ne faut pas oublier, ce qu'y va autour, les pagaies, les gilets de sauvetage, une corde de sécurité, et un gonfleur. Il nous en faut deux par équipes. L’équipe de Vad en a déjà deux. En effet Yann et Vad sont équipés. Par contre l’autre équipe, nous n’en avons pas. Rapidement Djé, nous propose généreusement de nous prêter le sien. Un grand merci Djè, c’est vrai sympa. Bon cependant il nous en manque encore 1. Et ça ne se bouscule pas réellement pour en trouver un dans la deuxième équipe. Jéjé, prend donc le lead pour trouver une solution et ainsi nous permettre de prendre la course. Pour ne rien arranger, la course se rapproche, comment faire. Dans l’entourage, pas grand choix. Jéjé essaie de contacter l’organisateur, mais malheureusement pas de possibilité d’en trouver un. Il contacte ensuite l’organisateur de la course the RACE, pour en louer un. Jéjé a enfin deux possibilités de location. Il faut faire vite car il doit arriver chez Jéjé. On se décide rapidement et peu de temps avant de partir nous recevons le deuxième PackRaft. Et bin c’est déjà une épreuve dans la course. Merci Jéjé, pour tous tes efforts pour notre équipe. Bien joué.
Euh, il n’y a rien qui vous interroge dans toute cette préparation ? Comment on va ranger tout ce bazar. Car l’organisation va nous transporter notre matos de navigation et d’escalade.
Et surtout on va devoir le porter durant les liaisons. À votre avis, 4 baudriers, 8 longues, 12 mousquetons, 4 machards, 2 cordes de Sécurité, 2 PackRafts, 1 gonfleur, 4 pagaies, 4 gilets, 4 sifflets (bin quoi il faut le compter), 4 combinaisons, ça fait quelle masse et quel volume ? Bonne question pour l’épreuve du DNB, de l’année prochaine. Je pose la question différemment, pensez-vous que cela pese plus lourd que 35 kilos ? Et si ça rentre dans un seul sac ? Comme vous l’aurez compris, l’organisation impose une limite de 35 kg pour le matos obligatoire. Il demande également, pour faciliter le transport d’avoir un sac, ou une seule structure de sac. Donc pas plusieurs sacs qui vont se balader.
Nous voilà donc mercredi soir chez Jéjé, à ranger tout ça dans un sac et à vérifier la limite de poids. Pour corser un peu l’équation, on a un participant au bout de la France. Donc on me demande, de connaître le poids de mon matos. Malheureusement pour votre équipe on dépasse 35Kg. Pas très grave me direz-vous, l’organisateur autorise le dépassement pour le matériel obligatoire. Et on a réussi à mettre tout dans deux sacs. Les deux seront sanglés pour respecter les consignes. Donc tout baigne. Tout baigne certes, mais le gros hic est que nous ne pourrons pas utiliser ce sac matos, pour transporter de la bouffe, du Coca, et des affaires de rechange. On va devoir les porter et donc faire des choix.
Mauvaise nouvelle. L’exigence du haut niveau. Si tu as le bon matos le bon sac, tu peux pas mettre, de quoi chauffer de l’eau de la nourriture…
L’équipe de Vad, a The official bag of ARWS. La paddle Bag, long de 138 cm. Amazing. Et tout est bien rangé, chaque coureur a son compartiment, nominatif, ouverture individuelle et surtout climatisé. Exagéré n’est pas mentir comme on dit. Mais ce qui est certain, c’est qu’ils vont pouvoir rajouter le réchaud, des soupes, et nourriture lyophilisée. Et nous, bin on va devoir le mettre dans nos sacs. Ça veut dire également, pour les deux équipes pas d’eau gazeuse, et pas de coca. Snif. On aime bien se faire plaisir, nourrir le cerveau, sur du long. On fera sans. Vad, tu as déjà connu cette exigence, sur les autres courses ? Non c’est rare.
Et on n’en est pas au bout de nos surprises, On doit passer la pesée officielle. On n’a pas encore commencé la course, que l’on ressent déjà son exigence.
Le Raid c’est la course, c’est l’entrainement, c’est la préparation du matos, mais c’est également le transfert. Et j’aime bien ces moments car on prend le temps de prendre des nouvelles, de raconter quelques bonnes anecdotes et d’en vivre quelques-unes. Et Yann, a dû doubler une Maserati, qui perdait le pneu arrière et roulait sur la jante, et une voiture qui doucement s’approchait de nous, sans vouloir revenir sur la voie de droite. Oh tu fais quoi là, reste sur ta file, mec, on doit arriver avant 18h00 pour déposer notre sac matos. Et malgré cela nous arrivons sans encombre à Avallon, pour déposer nos sacs Matos. Il nous reste la dernière étape la pesée, tel le boxeur qui part au combat on va savoir si on va pouvoir monter sur le ring. L’équipe de Vad, est représentée uniquement par Yan, Noémie, Kevin et Vad partant à la sonnerie des grandes Vacances et nous retrouverons le soir. Donc Yann, présente le sac bien rangé tout mesuré, sans surprise. Et le verdict, trop lourd les gars. Mince alors Yann, doit retirer les éléments non obligatoires du sac, comme le réchaud, et de la bouffe. Et un peu la douche froide pour lui, et pour son équipe. On présente l’autre sac, sûrs de nous car on a que le Matos obligatoire et on dépasse. On place le sac sur le crochet qui lui-même est fixé à un enchevêtrement de ganivelles. Un peu bancale, mais bon. Le gros sac et un autre sac sanglé dessus tangue de droite à gauche, se fixe et bim, moins de 35 kg. On se regarde tous surpris avec la banane, on va rajouter le réchaud et le Gaz. On descend le sac on met le réchaud ainsi que la cartouche de gaz. Surtout on se dit il faut remettre le sac dans la même position. On le replace, de nouveau le sac se fixe après quelques vagues, et rebim on est encore sous les 35kg. Et nous voilà remettre directement sur le sac les soupes, on a encore de la marge, puis les pâtes lyophilisées. On se croyait au marché au détail à équilibrer la balance pour être au plus juste, au gramme près. Le Raid se joue pour nous ici. Yann, un peu dépité par ce retournement de situation, se dit comment l’annoncer aux copains qui sont en route maintenant. Et message simple suffira : « Il a fallu retirer réchaud et bouffe. » C’était sans compter sur notre jéjé, : « À l’inverse nous, nous avons ajouté réchaud et toute la bouffe. » Merci Jéjé. Seconde étape trouver la zone de Bivouac, à qq km de la zone d’arrivée.
On place les tentes en rond bien sûr sauf une la mienne. Pourquoi faire comme tout le monde. Et là une odeur de vieux plastique vient nous prendre les narines puis la bouche puis la tête. D’où vient cette nauséabonde senteur ? De la tente de Jéjé. Mais tu as fait quoi avec ta tente, tu as séjourné dans une zone SEVESO, ou as-tu campé. Tu as transporté une bête morte, ou un week-end survie qui a mal tourné ? C’était réellement intenable et heureusement on devait aller au Briefing d’avant course. On ressort du briefing rincé il faisait chaud dans la salle, on n’entendait rien ou juste un brouhaha de mots, et a duré plus d’une heure. On commence également à se poser des questions, le directeur de course estime à 45 h full race pour les équipes qui vont se situer en base du classement. La packraft est en classe 3 et selon Yann, c’est déjà pas mal. Et il faut plusieurs heures pour aller chercher la balise descente en rappel. Donc pour notre équipe pas de doute on n’ira pas, si on a le choix…
Noémie, Kevin et Vad arrivent avec les vélos un peu avant 22h00. On termine les derniers réglages, on mange et dodo. Réveil prévu entre 04h00 4h30. Tôt le matin car nous devons déposer les vélos, retourner à l’arrivée et garer les camions et remorques et trouver le départ.
Départ prévu à 06h00, dans le centre-ville historique de Avallon, sur une sorte de plateau haut. On nous remet un paquet de cartes et quand je dis paquet je parle de deux fois 23 cartes pour notre week-end. Ça va être beau. Surtout gardez et lisez bien votre RoadBook. Six heures zéro zéro, c’est parti, on trace les balises pour la première CO, on utilise la calculatrice pour avoir les distances. On s’organise bien, la CO dans Avallon se passe bien. On arrive à la fin des deux dernières balises , mais on n’a pas bien anticipé la sortie de carte vers la seconde carte et Antho et Jérém doivent remonter chercher la balise 4, oups première petite boulette, on voit pas mal d’équipes nous passer devant. Jéjé en profite pour faire un peu de tourisme en allant visiter les contreforts de la ville, non promus par l’office du tourisme. On passe sur la seconde carte, arff pas la même échelle, et le départ n’est pas reporté par le fameux triangle de départ, on retrouve le raccord entre les deux cartes. Jéjé nous recale et c’est reparti. Il faudra être vigilants pour les prochains changements de carte. On part sur une autre belle CO dans les bois. On prend les deux premiers sans trop de souci. J’en profite avec Jérém pour régler les distances entre les distances à l’échelle et le chrono. Méthode que Vad a utilisé la nuit du Raid de Caméro. Et on est pas mal, cela nous servira plus tard. pendant que Antho, Jérém et Jéjé vont chercher la balise 17, je reste sur le chemin et commence à me projeter. Et je trouve étrange l’enchaînement vers le 19 et 20 pour rejoindre le TA 1. Et puis j’entends une autre équipe qui parle de la balise 11. La balise 11, c’est quoi le trouble je ne la vois pas. Je prends la carte 3 et là je comprends. On doit commencer la carte 2 prendre la carte 3 puis terminer la CO de nouveau sur la carte 2. Une originalité de l’organisateur que nous n’avons pas l’habitude d’avoir. Il faut réellement lire le roadbook. Bonne petite frayeur, mais on a évité une grosse boulette. Après c’était plutôt logique. On termine la première CO avec la balise 8 et on commence la carte deux avec la balise 18. Il en manque quelques-unes, mais dans la course tu ne calcules pas tout de suite. Et puis, systématiquement, on enchaîne les cartes dans l’ordre des balises donc notre cerveau est conditionné à cette logique. On n’est pas au bout de nos surprises dans ce RAID. On prend rapidement les autres balises de la carte 3. Et on repart pour terminer la carte une. Vous me suivez ? Et sur le chemin pour sortir de cette section on voit les copains que nous croisons et ils nous disent oh la grosse boulette on est parti sur la fin de la carte 2 avant de se rendre compte que nous devions faire demi-tour pour prendre les balises de la fameuse carte 3. Et oui troublant ces enchaînements de carte. On doit juste rejoindre une route pour sortir du bois et terminer la section deux. Par contre cette route sept à huit mètres au-dessous de nous. On va faire du toboggan car c’est rudement pentu. Antho est juste devant moi, il glisse, glisse et perd le contrôle et vient percuter un tronc d’arbre, juste sur son flanc droit. Il a chatouillé ses côtes et il a le souffle coupé. Et oui Antho, il aurait fallu manger plus à la cantine, et tu aurais eu un plus de chair pour amortir le choc. On termine le reste de la section avant de reprendre les vélos, mais Antho a mal. Une autre particularité de ce RAID est de savoir comment couper la section pour avancer dans la course et surtout rester dans le flow. Et là ce n’est pas simple toutes les routes sont interdites juste pour les traverser. Et les shunts prévus par l’organisateur sont minces pour nous. Mais Jéjé reperd un raccord entre la carte 4 et la carte deux que nous venons de terminer. Chouette on va revenir sur nos pas et on pourra gagner beaucoup de temps. On est au TA1, là où nous avons bivouaqué. On prend nos vélos. On fait quoi ? On fait demi-tour tout de suite on prend le pont devons-nous ? Allez, on va jouer le jeu de la carte on prend le point sur 50 mètres on traverse le cours d’eau et puis demi-tour. Bien mal nous en a pris le terrain est impraticable on est à flanc de falaise. On a juste 300 mètres à faire et nous voilà à pousser le vélo et le porter. Et la côtelette de Antho le fait souffrir. On est fiers on est orgueilleux et on ne veut pas retraverser le ruisseau pour repasser devant les organisateurs, donc on reste dans notre erreur à porter nos vélos, grosse galère. Ce choix a dû nous coûter 20 minutes d’effort. Le choix était bon mais il aurait été préférable de rester sur notre premier choix. Ainsi va le RAID mes amis, des choix tantôt payants tantôt des chemins tracés de tous petits traits qu’il ne faut pas prendre. Il ne faut juste pas les répéter trop souvent pour le moral de l’équipe. Malgré notre shortcut, on se fait une grosse section VTT et le soleil commence à taper. Surtout pour moi. On arrive au TA2 et on part sur la partie PackRaft sur le lac (la réserve de Chaumeçon, pour les connaisseurs). Mais avant d’arriver au Lac il y a une petite liaison, donc on se répartit les 35 kgs en plus de notre Sac et on est parti et cette petite liaison nous semble longue sous le soleil du Morvan. Antho, nous propose de faire un break pour prendre une petite glace. Bonne idée, mais perso avec le barda j’ai juste qu’une envie c’est d’être sur le Lac. Donc on décide de poursuivre.
Et nous voilà à l’approche du Lac. On doit monter les embarcations maintenant. En toute honnêteté on n’est pas dans un paddock de formule 1. On prend de notre temps à ne rien oublier à tout monter correctement dans le bon sens en prenant soin du matériel. Cela fait du bien de pagayer sur l’eau. Il faut juste gérer les crampes. On a de nouveau une liaison et on s’organise différemment pour porter le matos. Je vais prendre sur le dos un max de sacs et les embarcations et le reste des affaires sera porté par Jéjé, Antho et Jerem. Je ne sais pas combien de temps dure la liaison pour rejoindre la rivière mais je suis plus que heureux de poser le sac. J’ai l’impression de grandir, grandir. Drôle de sensation. On va attaquer la partie ludique du Raid à section PackRaft sur rivière en classe 3. Perso je ne me rends pas compte de ce que cela représente. On s’équipe avec la combi, on prépare les jupes de notre embarcation avec Jéjé. Les copains ont un auto-dériveur, plus adapté pour notre niveau. Et nous voilà sur l’eau moi devant Jéjé derrière en barreur. La rivière est en contrebas de la retenue d’eau dont nous venons de naviguer. On est sur l’eau vers 17h00. Juste avant la fin de l’alimentation du barrage. Donc on est bien et on devrait avoir du courant. Le programme est simple. On pagaie et quand il y a des rapides tu accélères le plus vite possible. Donc on commence à faire notre séance de fractionné 30 /30 et on fait monter le cardio. Le début est top. On navigue bien avec Jéjé. On voit les copains qui, au début galèrent bien. L’autre consigne, quand tu fais du PackRaft, est : Bisous caillou. Bisous caillou ? Bin oui quand tu arrives, vers un rocher, de travers, alors tu te penches vers ledit rocher. Pas besoin de lui faire un vrai smack, hein. Et avec Jéjé on aime bien mettre en application ces consignes et voir si c’est efficace. Donc nous voilà de travers dans un sérieux rapide et en face de nous un beau gros caillou. On n’a même pas eu le temps de caresser l’espoir de bécoter le caillou, qu’on s’est retrouvé instantanément sous le PackRaft, la tête en bas en panique. Vite on doit sortir de l’embarcation, mais pour cela on doit enlever les jupes. Ouf ça se fait plutôt bien. Je sors la tête, je vois Jéjé, check. Le PackRaft est collé au caillou. Lui il en profite pleinement, il lui roule carrément une galoche le saligot. Où sont les pagaies maintenant, pas trop loin. Avec Jéjé on essaie de faire quelque chose pour remonter mais c’est mort on laisse filer le bateau et nous de le suivre derrière. On va mettre à profit le week-end Canyoning, pour avoir les bonnes attitudes. On est dans le rapide, c’est parti pied devant, en revanche il n’y a pas tant de fond que sac et on a le cul qui vient frotter le lit de la rivière et ce n’est pas agréable. Le courant se calme quelque peu le Pack est entre deux îlots. J’essaie de le retenir et le diriger. Mais vraiment pas simple et Jéjé est devant sur la gauche le long de la berge. Le courant est plus calme j’essaie de diriger le Bateau vers lui. Rien de plus c’est trop dur je le laisse partir en espérant que Jéjé va pouvoir l’intercepter. Je passe l’îlot par la gauche et yes Jéjé l’a bien.
Essoufflés, on recouvre nos esprits. On récupère également les pagaies. C’est marrant, j’étais persuadé que nous allions devoir continuer sans pagaie. Mais non elles sont, à nous attendre, limite elles se payent notre tronche. Bon maintenant, il faut vider le bateau remonter dedans remettre les jupes, enfin Jéjé me remet ma jupe. Oui c’est étrange d’écrire cela, mais c’est la vérité. On vient de faire une sacrée bascule on est tous essoufflés, et Jéjé me rhabille. Pendant notre escapade, les copains nous rejoignent. On reparle ensemble. On avance pas mal et quelque temps après, je vous le donne en mille. Un Caillou, Jéjé et Mike de travers. Mais là on est parés pour un gros Bisous Caillou. On a tellement mis de passion sur ce câlin, qu’au lieu de rebondir dessus on est planté sur son dos comme deux nazes. On se rend compte, on n’a pas pris le bouillon. On essaie de se sortir en sautant. Tu sais comme dans un kart sur la ligne de départ pensant prendre de la vitesse. Jéjé essaie de nous tirer, mais réellement impossible. Bon pas le choix on désjuppe, le bateau se remplit en moins de deux d’eau et on sort. Et là mon Jéjé, frustré de ne pas refaire un p’tit câlin sous l’eau avec moi ou déçu de notre précédent câlin, me lance un coup de pagaie sur la pommette gauche. À la fin de l’eau vive Jéjé touche. Jérémy et Antho me regardent avec de gros yeux. J’ai un peu de sang qui coule mais bizarrement je n’ai pas mal. Il a bien visé, mais comme en escrime juste pour la touche pas pour faire mal. Et rebelote on revide le bateau on remet nos jupes, Jéjé me remet la mienne puis il remonte et la bim par le derrière de mon crâne je ressens de nouveau une douleur mais cette fois-ci j’ai réellement très mal. Bon je ne vous fais pas de dessin Jéjé a encore sévi. Là je me retourne l’œil un peu noir, surtout un et je lui dis d’un ton calme mais froid. : « Jéjé là tu m’as fait réellement mal » je sais qu’il ne l’a pas fait exprès. Je commence à avoir une belle petite boule et heureusement le bas du casque a amorti un peu le choc sinon j’étais bon pour des points.
Je ne suis pas mécontent de voir la fin de la section. On débarque. Et là pas le temps de souffler contrôle du matos. On doit monter le matos de corde. On doit le porter même si on a décidé de ne pas le faire. On range tout et on va pouvoir faire un break. Je prépare la bouffe et Jéjé, Antho, Jérém, rangent le matos PackRaft. Et là, Jéjé commence à tourner, j’ai plus mon matos de corde. Il n’est pas dans vos sacs. On vide tout : rien. On ne regarde encore rien. Et on avait fait que 50 mètres depuis le contrôle matos. Il n’est forcément pas loin. Jéjé, retourne on contrôle matos, rien. C’est quoi cette histoire, et ça tombe sur Jéjé. Il va voir les équipes autour de nous et ouf il l’avait posé sur un rocher, avant que décision de s’installer sous le préau. Jéjé a laissé un peu d’énergie et on commence à être bien avancé dans la course. Ça fait du bien de manger chaud. Jéjé c’est bon. Il n’est pas rancunier le gars. Il vient de prendre une volée de pagaie au carbone, et il prépare une belle petite platée de pâtes carbonara. Mais bon Jéjé a mangé. On repart maintenant sur le trek. Pour les full race c’est 32 km et 1200 de d+. Pour nous, on va faire au plus court. On repart, on oriente, pas trop mal. Jéjé commence à être un peu fatigué et on commence à faire quelques pauses. Il doit être 20h00 à ma montre. On y allait tranquille. On commence à sympathiser avec une équipe de Marseillais. Qui n’avaient pas d’accent. Bon je connais un Béarnais, qui n’a pas l’accent du coin. Mais on rigole un peu on échange des bonbons. Enfin Antho, partage ses bonbons. Ils avancent plus vite que nous. Mais on va plus direct qu’eux pour arriver sur les postes. Donc on se voit souvent, et on termine la section Treck avec eux avec une particularité. Un des Marseillais, et non Manu ce n’est pas une blague belge, a un insecte dans le conduit auditif. Impossible de l’enlever. Sans jeu de mot, je n’ai jamais entendu ça. Mais bon on n’est pas loin du TA2. Il va pouvoir être pris en charge. On retrouve les vélos, la nuit est tombée, il est presque 23h00. Jéjé et Jérém sont partis faire un break, je commence à regarder les cartes pour la suite. Une section de vélo de plus de 50 km et dans sa grande magnanimité.
L’organisateur nous autorise des shunts, 10Km de moins. C’est réellement un Raid exigeant. Je regarde la première carte, puis je cherche le TA5, je tourne la carte suivante puis la suivante et encore et encore. Au total 7 cartes avec une partie des cartes au 1/30000 et deux cartes au 1/15000. Et ça c’est pas le plus compliqué, il faut trouver le raccord de carte, qui ne sont pas tout droits, il faut faire un puzzle. Et là j’ai mis des plombes pour me repérer pour aligner tout le chemin et repérer les raccourcis. Car Jéjé est réellement dans le dur. Il faut lui faire passer la ligne, rien de plus. Je n’y arrive pas, dans le vestiaire il fait chaud, et on se demande pourquoi quelqu’un a allumé le chauffage, non mais sans blague. Heureusement Antho vient m’aider et on arrive à tracer la route. Et pour corser encore un peu plus, toutes les routes sont interdites. Vraiment exigeant. J’ai dû prendre sans mentir ¾ heure, impensable. Et on a un petit chantier devant nous. On réveille Jéjé. Il faut se mettre en route. Ça commence à être long.
Quelqu’un dit, il fait froid dehors et les vélos sont remplis d’humidité. Des clous, il fait toujours aussi bon et les vélos sont secs. Je râle un peu pour nous remettre en mouvement. Ça pigne mais ça repart. On est avec une dizaine d’équipes sur la première balise. Et Vad m’avait dit. Il ne faut pas insister, si c’est pas bon demi-tour et on revient où on est sûrs. Je dis aux copains demi-tour, j’ai vu un chemin parallèle un peu avant. Et bingo c’était le bon, merci Vad du conseil. On avance mais lentement. Et puis vers deux trente, toujours à ma montre. On décide de faire une pause au milieu de la forêt. On s’installe sur un lit de mousse tout sec. Ce n’est pas désagréable. On met un réveil, une heure de dodo. Une heure sonne, Jéjé toujours pas mieux. Bon on rappuie sur le réveil, mais pas pour 9 minutes. Il est 5h00 5h30. Jéjé n’a pas réussi à récupérer. On avance quelques centaines de mètres. Et on n’est qu’à la deuxième moitié de la deuxième carte. Impensable. On décide donc de rentrer par la route mais on n’a pas l’arrivée sur la carte. On craque le téléphone pas de réseau. Bon il faut avancer on verra bien un panneau Avallon. Je commence par un beau 180 sur la première route. Puis on retrouve des villages qui sont sur la carte, ouf. Certes, cependant chemin VTT ou route ça monte et ça descend. On aide Jéjé et on profite des lacs. Tiens tiens, on n’est pas les seuls à avoir cette idée. Une équipe puis une seconde équipe nous double. On aide Jéjé dans les montées. On termine les 9 derniers kilomètres qui nous mènent à Avallon qu’en profil descendant. Il est 08h00 et on a franchi la ligne. Pas de regret on n’aurait pas pu faire mieux ou plus. Jéjé commence à retrouver la forme. Une heure après on est surpris de voir les copains arriver avec la banane. Ah c’est chouette ça. Ils ont fait un bon Raid les copains et copine. On est content de se retrouver on ne s’est pas vu souvent ces vingt-sept dernières heures. Le Raid c’est également : les fins de course le rangement du matos, à la bonne place dans les bons sacs.
Un bon repas pour finir, il fait chaud dans la salle on ne reste pas longtemps. On ne prend pas beaucoup de temps pour refaire le match. Notre équipe ne veut pas traîner pour rentrer, demain c’est lundi et le lundi, il faut reprendre le travail. Les super-héros rentrent à Kaamelott, la quête est terminée. On n’a malheureusement pas trouvé le graal, celui qui change le plomb en or, ou celui qui donne la jeunesse éternelle. Ni terrassé le dragon ailé et encore moins de trésor Nos super-pouvoirs n’ont pas été suffisants ou la quête était trop lourde. Ne grandissons-nous pas davantage dans l'adversité que dans la victoire ? Et si nos super-pouvoirs n’étaient pas notre force, notre endurance, notre volonté ou bien même notre capacité à repousser encore et toujours les limites de nos corps ? Et si nos vrais super-pouvoirs de super-héros était d’affronter nos doutes, nos peurs, nos faiblesses. De regarder en face la vérité de l’accepter, de vivre avec de grandir à ses côtes. Avallon, nous partons vaincus, mais grandis de nos incertitudes et d’une réelle amitié sincère et partagée.
Mais comment qu’entends-je, deux équipes de super maxi méga héros seraient en route pour un nouveau défi. Pour atteindre cette fois-ci le vrai Graal, le ARWS. La finale du championnat du monde des raids, au pays scandinaves. Pour affronter le dieu Thor, résister à la déesse Freyja et prendre garde aux crocs du géant Fenrir. Bonne quête mes amis. Que la légende soit écrite, nous avons hâte de vous lire.




Waooouh quelle aventure !! Quel plaisir de te lire!
Merci pour ce beau récit 🤗
Super récit Mike !!
Quelle plume 👍
Au plaisir de partager de nouvelles aventures ensemble 😘
merci Père Blaise pour ce beau résumé des aventures arthuriennes ! Tout y est, on a l’impression d’y avoir été !
Merci Mike de nous faire partager cette aventure.
Un grand bravo à vous 8.💪🏼💖
Top récit, un vrai plaisir de te lire Mike 😍.
Bravo à vous pour cette belle aventure 👏💪.