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100M UTMB Nice

3 oct.
5 min de lecture


Petit récit de ce premier ultra Trail. Tout a commencé il y a quelques mois quand Dam a proposé de s’inscrire à l’UTMB. Nice, amateur de nouvelles aventures, je décide d’accompagner Dam sur 100 miles, rendez-vous pris pour le 24 septembre Direction Nice, départ de la course le 25 septembre à 13h.

Départ de la course avec Dam, on essaie de ménager les montures, le départ se fait en douceur, on attaque par huit kilomètres, un peu de montée et un peu de descente mais rien extraordinaire. Premier Ravito, on ne s’arrête pas.

Ensuite on attaque une ascension de 1600 m avec un ravito au bout de 1400 m de dénivelé. Il n'est pas très bien organisé. On galère un peu à refaire de l’eau et s’hydrater, on repart quand même assez rapidement pour une descente, puis une montée de 800, la vue est magnifique. Le rythme n'est pas élevé mais je sens que je ne peux pas aller plus vite pour le moment.


Dam par légèrement devant, car je dois gérer mon estomac, rien de méchant, mais il faut ménager la machine. On se retrouve au Ravito à 2500 m d’attitude où là il n’y a plus d’eau. La nuit est tombée. Avec Dam, on réussit à récupérer de l’eau chaude pour remplir nos deux flasques, on s’alimente rapidement et on repart pour un nouveau grand morceau une descente de 1700 m.


La première partie dans un champ, pas de sentier des cailloux et de l'herbe de 30cm c'est assez difficile. La suite est plus simple mais je n’ai pas de jambe pour essayer d’accélérer.


J'arrive à Isola où je retrouve Dam. Je refais le plein et je décolle. Une patate de 650 m à faire sur 12,5 km. La montée se passe bien, la descente je n’ai jamais vu ça, un pourcentage de dingue avec des passages à 70% sur de la terre tassée. On descend comme on peut mais doucement pour ma part.

Nouvelle pause où je retouve Dam, nouvelle patate de 837 m cette fois-ci, avec une descente classique. On arrive à la base vie Saint Sauveur. 65km 4000m de dénivelé de fait.


Dans la tête ça va mais pas trop de jambe, le moral chute un peu, car depuis le départ rien n’est facile et le plaisir n’est pas trop là à part dans les montées.

Je décide de m’accorder une pause un peu plus longue pour manger, se changer et discuter un peu.


Ensuite on enchaîne deux portions avec plutôt du D+ pour arriver à Venanson (84.8 km) je n’ai pas trop de jambes mais je me force à relancer dès que possible. Je me trouve lent mais je double c’est l’avantage d’être parti dans les derniers. Le moral est bon même si les jambes ne répondent pas mais je sais que cela va revenir.

Les villages sont magnifiques.


C’est reparti pour 900 de D+ et 1200 de D- jusqu’à Utelle. Le moral est très bon les jambes sont là, le plaisir est à son maximum seul hic, j’ai perdu Dam. On se croisait sur tout les ravitos je me suis allongé 8 minutes dans l'herbe au levée du jour, je regarde l'appli qui me fait penser qu'il est devant mais il est derrière on ne se reverra plus.


Je croise Mickael (ami de Dam) à chaque ravito même s’il est plus rapide que moi, les ravitos made in Raid (merci Vadim) me permettent de repartir avant et de remonter au classement.


À Utelle je ne traîne pas car le prochain c’est la base vie de Levens. Je continue ma progression je me sens bien j’accélère mais j’aurai du être plus prudent je ressens une douleur sur le tibia gauche je ralenti mais c’est trop tard je vais m’en apercevoir un peu plus tard.


J’arrive à la base-vie. Je suis avec Mickael on échange, on se prépare pour la suite il en reste 45.

Prochaine section 700 de D+ et un petit D- avant le ravito. La montée se passe très bien le petit D- est un enfer. Le TFL est là. Chaque pas avec le terrain accidenté est compliqué. Je décide d’essayer de me strapper mais je n’y arrive pas surtout sans ciseaux. J’arrive tant bien que mal à la base-vie. Là je demande à me faire strapper chez les secouristes, mais ils n’ont pas le droit. Je trouve une bénévole qui veut bien, ça me remonte un peu le moral.


Je ne traîne pas, je repars pour 900 de D- qui vont être un enfer. Le strap joue son roule, mais il se détend et je pense que je force trop dessus. Un Anglais m’aide et me remet son strap par-dessus le mien, ça m’aide mais c’est pas magique. Le moral est au plus bas, je calcule qu'avec ma vitesse d’escargot pour être à l’heure pour l’avion ça va être compliqué, l’abandon est proche.

J’envoie quelques messages à Sidonie qui me remonte le moral et me fait comprendre que je vais le regretter si je ne vais pas au bout. Elle a raison.


J’arrive péniblement au ravito de Tourette Levens, là je demande un Doliprane, les médecins et les bénévoles me remontent le moral. Ils consolident le strap et me disent que je vais y arriver.

Dans la discussion petit quiproquo, pour moi il reste 29 km elles me disent 19km, le morale remonte.

 

Je repars et puis je sors le téléphone pour vérifier. Il reste 29 km du D+ et du D-, le sol ce n’est que du cailloux les montées ça va pour le reste, c’est dur, très dur le moral est à zéro et je fatigue.


Quelques passages sur sentier large ou dur me permettent de me rendre compte que je vais pouvoir finir avant 15h. Dans ma tête, c’est fait, je vais boucler ce 100 M, mais que c’est dur.


À l’arrivée sur Nice, il fait très chaud (je devais arriver la nuit donc j’ai laissé la casquette à la dernière base-vie.) je suis épuisé, je n’ai pas dormi depuis vendredi, on est dimanche ça fait 50h.


Claude m’a dépassé, on a échangé un peu, je suis content pour lui et ça me fait du bien au moral.


Je redoute un peu l’arrivée, je sais que je vais pleurer. Depuis quelques kilomètres, tous les coureurs qui me rattrapent me félicitent, je les remercie, mais c’est trop, j’ai du mal à contenir mes larmes. Avant l’arrivée, Thomas et Fred sont là, je craque, mais on arrive à discuter un peu. Il y a aussi Mickael et Vero qui sont là ça me fait plaisir.


La ligne est là, je la franchis, c’est compliqué d’expliquer ce que l’on ressent, mais sur le moment beaucoup de soulagement et la fatigue qui disparaît du moins pendant un court instant.

Pas trop le temps de savourer il y a l'avion. Je me dépêche, je récupère mon T-shirt de Finisher, je récupère mon sac de base-vie et je file à la douche. Trop de monde, je demande à passer devant, car j’ai un avion, tous les gens sont super sympas, ils me laissent prendre ma douche elle est froide, mais c’est un détail ça fait trop de bien.

On file à l’aéroport. Là, l'hôtesse d'EasyJet nous voit arriver avec notre belle et souple démarche. Elle nous propose rapidement l'assistance, je ne connais pas, mais on accepte. On va avoir le droit au fauteuil jusqu'à l'avion. Moments sympas ça nous fait bien rire.


Je ne verrai ni le décollage ni l'atterrissage, j'ai dormi tout le trajet. Il me faudra deux jours pour bien récupérer et marcher normalement.


Un grand merci à l'équipe de Nice ( Vero Fred et Thomas) qui ont géré toute la logistique pour pouvoir prendre l'avion. Un grand merci à Dam de m'avoir proposé cette aventure. Un énorme MERCI à Vadim pour la préparation les conseils et le soutien qui m'a permis de boucler ce premier 100M.

10 commentaires


Vadim
Vadim
09 oct.

Sympa de lire tes lignes avec ton ressenti. Encore un grand bravo pour ce défi relevé et la ligne franchie.

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Yann D
13 oct.
En réponse à

Merci à toi d’avoir rendu ça possible

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Bravo Yann ! Merci pour le récit et l’exemple.

Ça donne presque envie de se lancer dans cette folie.

Presque ! 😅

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Yann D
13 oct.
En réponse à

Tu vas voir le presque se transforme rapidement avec le coach !!!

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LaurenT
08 oct.

Merci d'avoir partager ton aventure avec nous Yann.

C'est super impressionnant et bravo pour ton mental d'acier.

J'espère que le genou va vite se remettre.

A très vite

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Seb Dumby
Seb Dumby
06 oct.

Bravo Yann et merci pour ce partage 🙏

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Merci Yann de partager cette aventure et bravo pour cette course de dingue! Quel courage ! Quel mental ! C'est très impressionnant ! J'espère que tu as bien récupéré ! A très bientôt ❤️

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